Le Romarin

Dans son entrée à La Madeleine, le nouveau boulevard croise d’abord le chemin du Romarin, donnant son nom au carrefour et à l’arrêt du mongy. Cette première halte va susciter une rapide urbanisation et l'établissement de débits de boissons, bien entendu ! Depuis 2007 le boulevard est ici recouvert par une dalle, formant la place du Romarin.








Les tenanciers successifs du tabac du Romarin, situé à l’angle de l’avenue Louise et du boulevard de la République, furent Charles Hugo à partir de 1909, puis Louis Wyffens, Auguste Dierickx, A. Dufour dans les années 1935, et Madame Verschore vers 1950. On y a toujours débité la bière Masse-Meurisse, brassée à Haubourdin.

Un autre estaminet faisait le tenant à une enseigne au nom des bières Motte-Cordonnier, brassées à Armentières.

Le tabac-presse et brasserie du Romarin est tenu depuis 2009 par la famille Tonello qui se fera un plaisir de vous commenter l'ouvrage du Grand Boulevard qu'elle aura à votre disposition dès la rentrée 2009.

L’immeuble de coin avec sa belle coupole, à l'angle de la rue François de Baets, fut un des premiers à être construit. Quelle heureuse époque où le boulevard était un lieu de promenade et de jeux pour les enfants ! Ou comme sur la carte ci-contre le lieu de rassemblement des cyclistes. C’est aujourd’hui presque une autoroute ! Du pont du périphérique, maintenant on peut apercevoir à cet endroit les montagnes russes que forment les tunnels successifs.






Le Jardin Botanique

Dans la montée de Saint Maur, des donjons, coupoles monumentales, façades rythmées d'arcades : le Nouveau Boulevard prend des allures de contes de fées. Et pourtant, derrière les façades, c’est encore souvent la campagne. Mais les jeunes tilleuls, espèce nouvelle sur le boulevard, bouchent un peu la vue ! Le boulevard est de fait coupé en deux dans sa longueur, visuellement par les arbres et matériellement par le tramway et la chaussée centrale infranchissables sur 300 à 400 mètres.
Deux beaux immeubles d’appartements encadrent la rue du Jardin Botanique, aujourd’hui rue du Maréchal Leclerc, bordée de belles maisons. Ouverte en 1912, la rue conduisait à un jardin avec bassins et orangerie. Délaissé après guerre, il fut loti dans les années 60, avec la Résidence de l’Orangerie. La rue en impasse fut prolongée, permettant la liaison avec le quartier de St Maurice des Champs.










A l’angle de la rue Foch et de l’avenue de la République, cet immeuble avec rotonde est l’œuvre de l’architecte Duray. C’est un bel exemple d’architecture post-haussmannienne, une des premières opérations de promotion privée offrant de grands appartements de confort. Juste à côté, au n° 245, dans ce quartier déjà chic, une bonne adresse, la maison Varas-Debacker, que devaient se refiler sous le manteau les dames élégantes de l’époque.

Saint Maur

Le croisement avec l’avenue St Maur, qui doit son nom au pensionnat de jeunes filles tenu à l’époque par les sœurs de la congrégation des Dames de St Maur. C’est aujourd’hui un établissement pour personnes âgées. Deux grands ensembles dont un avec clocheton encadrent cette rue, avec deux cafés.

C’était jadis la campagne avec des vergers, des potagers et des propriétés entourées de champs, sur lesquelles ont été construites de luxueuses résidences dans la verdure, notamment sur le territoire de Lille que l’on retrouve sur la droite du boulevard.






Le Buisson

Un arrêt du tramway, facultatif dans un premier temps, fut instauré à l’intersection du chemin du Buisson. En 1910, c’est encore la campagne profonde et qu’il y ait des haies et buissons, rien d’étonnant ! Qui dit arrêt, dit café pour attendre le tram. Mais ce quartier des Rouges-Barres était surtout renommé pour ses guinguettes. La plus célèbre, La Funquée, située entre St Maur et le Buisson ne fut détruite qu’en 1963.

Les Rouges Barres

Un peu après le carrefour du Buisson, le tramway file vers le pont qui permet le franchissement de la ligne de chemin de fer Lille-Dunkerque. Un premier projet prévoyait que ce soit le boulevard qui passe au-dessus des voies. Comme pour les deux autres ponts qui enjambent le boulevard, les travaux furent réalisés par la Compagnie du Nord mais financés par le Conseil Général. Certains après un passage au café du Buisson y ont même vu des TGV !



Sur la carte ci-dessus à droite, ce véhicule d’époque est passé à l’aise sous le pont, car, visionnaires encore, les constructeurs ont voulu dégager une hauteur utile de 4,30 mètres. Il a donc fallu relever de 2 mètres le niveau de la ligne. Le pont fut détruit en 1918 et reconstruit à l’identique. Aujourd’hui fleurissent dans ce secteur de nombreux immeubles de bureaux, banques et assurances, qui trouvent ici un emplacement de choix. Une passerelle piéton longe ce pont juste au niveau du dépôt des Rouges-Barres.


Quelques années ont passé, les arbres ont poussé, les trottoirs cyclables et pistes cavalières sont tracés. Mais à l’époque les cyclistes se plaignent qu’en hiver la boue de la piste en cendrée tache leurs vêtements. Aujourd’hui la piste macadamisée vient de bénéficier d’un bel enrobement. L’urbanisation n’atteignit ces quartiers que dans les années 1920 ou 1930 avec de belles maisons Art déco, que l’on trouve, par exemple, de part et d’autre de la rue Marcel Sembat.

Le Dépôt de Marcq-en-Barœul

Le dépôt du tramway, vaste magasin d’entretien et de réparation des motrices, fut construit en même temps que les voies. Lors de l’inauguration des lignes, le 4 décembre 1909, c’est au dépôt que fut servi aux 200 officiels un banquet avec toute une décoration de circonstance. 

Une ligne de tramway « Dépôt » permettait de desservir dans de meilleures conditions les nombreux voyageurs des communes de La Madeleine et Marcq-en-Barœul.




Ce dépôt a été détruit en novembre 2018


Voir l'article de la Voix du Nord





Voir le site de l'Exposition Internationale de Roubaix en 1911
Savez-vous que cette Exposition s'est déroulée en partie sur le Grand Boulevard inauguré deux ans plus tôt ?